Télécom Bretagne est heureuse d’accueillir, du 8 avril au 21 mai, sur son campus de Brest, « Écorcé », une exposition de peintures de Matthieu Dutertre.

L’artiste

Né en 1981, Matthieu Dutertre  vit et travaille à Brest. Il est artiste peintre mais avant tout chercheur ès matière, défricheur d’image, quêteur de
sens. Il assaisonne ses pâtes anciennes d’une pensée contemporaine, mêle science et art, applique les procédés de la gravure (système de calques, addition/soustraction, transfert/inversion, révélation/impression) au matériau de la peinture. Cet expérimentateur de basse-fosse navigue à vue dans les limbes du Blanc, traverse des paysages lunaires et déssaturés, chemine dans des labyrinthes de moisissures qui donnent vie, couleur et profondeur à ses tableaux. Résistant opposé à l’abrutissant flot d’informations et à l’étourdissant brouhaha visuel, il choisit la « vanité » pour thème de prédilection.

« Pour cette exposition, j’ai décliné sous plusieurs angles et états le sujet « forêt ». Les modèles ont été choisis parmi les essences destinées aux scieries. Ces arbres, alignés suivant un plan quadrillé, portent en général une robe déchiquetée, un aspect décharné et des membres mutilés. L’opposition radicale entre les verticales et les horizontales m’a « séduit », leur concentration et quasi-uniformité m’a fait songer à notre condition humaine. Sans chercher à m’apitoyer sur ces êtres, j’ai tenté de les représenter de manière naturaliste. Le point de vue est panoramique et plongeant. Juché sur une chaise d’arbitre, j’ai construit la perspective sans le soutien de l’horizon, non perceptible. La technique employée, suite d’additions et de soustractions, peut s’apparenter à l’aquatinte comme à la gravure sur bois par ses qualités graphiques. J’expose également les études préliminaires d’un projet intitulé « penicillioses et fusarioses » en partenariat avec l’Esmisab et présenté à la Fondation de France. Ce projet participe d’une envie de lier science et art, d’inventer une technique de peinture en substituant au pigment des champignons qui viendront colorer l’œuvre en proliférant, une peinture « vivante » en somme, qui s’inscrit dans la lignée du genre « vanité » dans l’histoire de l’art. »

Matthieu Dutertre, mars 2009

Pour en savoir plus : Entrée libre, du lundi au vendredi, de 9 à 19 heures. Inauguration de l’exposition le mardi 12 janvier, à partir de 18h, en présence de l’artiste, dans le centre-vie de l’École.

Contact : Guy Chuiton (Tél. : 02 29 00 13 32 – guy.chuiton@telecom-bretagne.eu).