Interview
Une immersion de 7 mois dans l’industrie du logiciel pour satellites
Fabien Dagnat, enseignant-chercheur au département Informatique de Télécom Bretagne, est en séjour d’études en entreprise pour une durée de 7 mois. Il vient de passer 3 mois et demi chez Astrium (groupe EADS) à Toulouse. Il est depuis la mi mai chez Thales Alenia Space où il séjourne sur les sites de Toulouse et Cannes. Son objectif : compléter son parcours académique par une expérience dans l’industrie du logiciel pour satellites.

CLL : Quelles sont les missions qui vous ont été confiées chez Astrium et Thales Alenia Space ?
FD : Chez Astrium, j’assumais une mission de conseil au sein du département études avancées. Je les ai accompagnés dans la cadre d’une réflexion sur l’introduction à court terme de nouvelles technologies logicielles. J’ai l’intention de rédiger un document public de ce travail à l’automne prochain. Pour Thales, mon rôle est assez similaire. Ils sont cependant beaucoup plus avancés. Ils ont déjà fait des choix technologiques. Ils ont une « roadmap » et un plan de formation.
CLL : Même si votre sabbatique n’est pas encore terminé, vous avez dû observer des choses intéressantes lors de celui-ci. Quelles sont vos premières observations ?
FD : L’industrie du satellite est à très haute valeur ajoutée scientifique. Elle requière des experts de très haut niveau. La pression du marché est très différente de celle de la téléphonie par exemple. Il ne s’agit pas de créer en permanence de nouveaux produits ou services. L’échelle de temps n’est pas la même. Il faut 10 ans pour faire un satellite. Il s’agit d’une technologie mature. De fait, les projets informatiques durent entre 3 et 10 ans. Chez Astrium, les intervenants sont de spécialités et d’origines géographiques très différentes. La réalisation logicielle est extrêmement contrainte et le travail amont particulièrement important. Les équipes passent 3 ans à écrire les spécifications techniques et seulement 1 an au développement ! Le processus est crucial : tout repose sur la qualité du suivi et la qualité des documents rédigés.
CLL : Un séjour d’études en entreprise est un bon moyen pour un enseignant-chercheur de compléter un parcours académique. En ce qui vous concerne, quelles ont été vos motivations ?
FD : Après avoir obtenu mon diplôme d’ingénieur à l’ENSEEIHT, j’y ai effectué ma thèse de doctorat que j’ai obtenue en 1997. J’y ai ensuite enseigné quelques temps. Puis j’ai enseigné à l’IUT de Toulouse avant d’arriver en 2002 à Télécom Bretagne. Après 12 ans d’enseignement, je voulais compléter mon parcours par une expérience dans l’industrie du logiciel. Le séjour d’étude était, dans mon cas, particulièrement adapté. Beaucoup de choses de cette expérience viendront enrichir mes futurs échanges avec les élèves. J’en profite également pour développer des contacts dans le cadre de mes recherches à venir.
CLL : Partir en sabbatique, qui plus est loin de chez soi, nécessite un minimum de préparation. Comment vous y êtes-vous pris ?
FD : Je travaillais au sein d’un projet ANR dans lequel Astrium et Thales Alenia Space étaient partenaires. Le montage du projet en lui-même a pris un peu plus d’un an. Côté familial, il a également fallu faire en sorte que tout le monde puisse me suivre. Ma femme a obtenu un mi-temps annualisé, ce qui a beaucoup facilité les choses.
Contact : Fabien Dagnat (Tél. : 02 29 00 14 09 – fabien.dagnat@telecom-bretagne.eu).

Chargement










