Exposition

L’ENST Bretagne est heureuse d’accueillir, du 6 novembre au 20 décembre 2006, une exposition de peintures de l’artiste d’origine danoise Jette With intitulée « Le chant des sirènes ». Cette exposition est visible au centre vie de l’École (campus de Brest), du lundi au vendredi, de 9h a 19h (entrée libre).

Photo de « La sirène au petit minou», oeuvre picturale de Jette With, 2002, technique mixte sur toile, 130 x 162
Jette With, « La sirène au petit minou », 2002, technique mixte sur toile, 130 x 162.
Crédits photos : © ENST Bretagne/G. Chuiton.

La démarche picturale de cette artiste est influencée par sa profonde réflexion écologique sur l’avenir de la nature et de l’homme, par les mutations et drames de l’environnement. Elle traduit cela en grandes fresques vives et colorées, remplies de signes et de symboles, dans lesquelles les éléments humains et animaux sont toujours présents.

À propos de Jette With :

«La recherche picturale de Jette With poursuit toujours un renouvellement de signes qui devient la communion du ciel, de la terre, de la mer et de l’espace, avec l’homme et l’animal, dans leur environnement comme dans un désir de rêve. Pour elle la nature n’est pas un simple objet, mais un riche langage qui lui permet le plaisir de peindre. Séduite par une écologie profonde, elle prend et impose un ensemble d’images d’où naît l’interaction entre l’humain, la société et son environnement. Une peinture qui fait appel de la figuration et de l’abstraction, découpées pour y composer et faire plus évoluer le discours plastique à la lumière de ses couleurs. Jette With est une artiste danoise qui vit et travaille à Paris. Elle a participé a la création de la figuration critique.»

Isaac Ortizar, critique d’art, Paris, 1998.

Photo de « Nega 26 », oeuvre picturale de Jette With
Jette With, « Don Quichotte aux baguettes », 2006, technique mixte sur toile, 65 x 92.
Crédits photos : © ENST Bretagne/G. Chuiton.

«Les sirènes sont nées de la rencontre avec les roches et menhirs de la presqu’île de Crozon. Ce sont des pierres levées déguisées en torses féminins. Un prétexte pour un autre travail sur le corps humain, en le fondant avec la roche, rempli de signes et de lettres énormes, en rapport avec l’importance du discours aujourd’hui, fragments de mots incompréhensibles et chiffres dominateurs. Autant d ‘éléments repérables qui hantent l’imaginaire de l’homme, l’homme maître du monde. Depuis le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978, j’ai très souvent puisé mon inspiration dans les faits de société concernant la mer (mon grand-père était marin-pêcheur) et l’agriculture (j’ai grandi dans une ferme traditionnelle). Et, pour le dire, j’ai construit un langage plastique associant peinture et collage, en quelque sorte un engagement « esthétique » qui me permet de défendre la nature et la peinture. Peindre, c’est aussi proférer un cri.»

Jette With, Camaret, 2006.

«Depuis mes années aux Beaux-Arts, d’abord à Copenhague, ensuite à Paris, mes peintures ont été inspirées en grande partie par les problèmes de société. La bombe atomique, la pilule contraceptive, les naufrages de pétroliers et la pollution de la mer, la pêche et l’agriculture industrielles entre autres. Ces problèmes transposés en langage plastique ont aussi à leur tour provoqué un développement lent mais certain de celui-ci. Ma technique a évolué de la peinture à l’huile à l’acrylique plus maniable, et l’introduction depuis 1989/90 du papier en tous genres (mais très sélectionné). Le papier qui accompagne les baguettes de pain pour sa demi-transparence et ses textes de boulanger, les sacs fins de fruits du marché en papier brun, et morceaux choisis des affiches du métro parisien pour leurs graphismes. Tous ces papiers sont retravaillés et ensuite intégrés dans la peinture que je veux dominante. La couleur domine à son tour message et contenu dans une mise en page abstraite où animaux, oiseaux et humains apparaissent sur la toile en fragments ou dispersés ou en grandes formes simples et allusives. Depuis une dizaine d’années, j’ai également travaillé avec des installations toujours associées à la peinture sur châssis ou flottante, en ne les ayant jamais montrées qu’au Danemark, mon pays de naissance.»

Jette With, Paris, 1998.

Contact : Guy Chuiton (Tél. : 02 29 00 13 32 – guy.chuiton@enst-bretagne.fr).

Jette With est née à Frederiksberg (Danemark). Elle a étudié aux Beaux-arts de Copenhague et Paris. Elle vit et travaille à Paris depuis 1968, et a ouvert une galerie à Camaret depuis 1998. Pour contacter l’artiste : 26 boulevard Voltaire – 75011 Paris. Tél. : 01 48 06 49 98 ou 06 32 47 55 57 et Penfrat – 29570 Camaret. Tél. : 02 98 27 85 66.