Un intérêt modéré pour le profil « ingénieur pur ».
(…) Au delà des spécificités du milieu bancaire, je pense qu'un profil intéressant de cadre est celui qui a acquis une double compétence : École d'Ingénieur + DESS ou Mastère économie, gestion, finance. En effet, les formations d'ingénieurs de base confèrent un profil que nous recherchons (rigueur, rapidité d'analyse, esprit synthétique, …) mais souvent sans un vernis d'ouverture sur le monde économique, nous avons bien souvent affaire à des individus qui sont moins à l'aise dans la communication avec les autres personnes de formation gestion et qui sont difficiles à intégrer dans les métiers bancaires en relation avec la clientèle.
J'ai personnellement enseigné l‘économie à l'ISEP, mais les cours « d'ouverture » en école d'ingénieur demeurent insuffisants. J'avais en général affaire à des étudiants qui me semblaient immatures sur ce plan parce qu'ils n'avaient pas cette appréhension du monde économique et je disposais de trop peu d'heures pour assurer une formation solide de base.
(…)
La gestion de carrière
Ainsi, nous venons de vivre l'expérience d'une fusion entre deux grandes entreprises et il est évident que l'adaptabilité était le maître-mot pendant ces restructurations. En tout état de cause, je pense que l'avenir appartiendra à ceux qui savent s'adapter à des situations nouvelles, et ce sans réticence.
Notre politique est maintenant d'organiser dans tous les métiers du groupe une réflexion sur un éventuel changement de poste tous les 3 ans. Un entretien de carrière est alors réalisé pour faire le point et préparer une évolution si celle-ci n'a pas été anticipée, que ce soit pas le responsable ou par le cadre lui-même.
L'ingénieur, et plus généralement le cadre en milieu de carrière, qui est resté « mono-produit » risque gros. En ce sens, toute personne doit veiller à acquérir plusieurs cordes à son arc. Néanmoins, on peut reconvertir un ingénieur qui « vieillit mal » dans des activités de contrôle, de sécurité… mais il y a peu de places dans ces secteurs non créateurs directs de valeur ajoutée.
(…)
Malgré ses qualités, l'ingénieur d'aujourd'hui ne sera peut-être pas le manager de demain
Il est évident que l'adaptabilité demeure le point fort des profils des cadres de demain. (…)
Certains pensent que le manager de demain sera apatride ; je ne sais pas….
Mais dans tous les cas, je ne suis pas sûr qu'il soit nécessairement un ingénieur de formation si ce dernier ne fait pas d'effort vers l'acquisition d'une double compétence. Retour
Source : rapport du CEFI : « L‘avenir des ingénieurs à l'orée du troisième millénaire ».